19/07/2013

Le chant des Canuts

Le chant des Canuts, texte de 1894 écrit par Aristide Bruant, raconte l'histoire et les conditions de vie des ouvriers de la Soie Lyonnaise, qui tissent des pièces d'exception pour "les grands de la terre", mais vivent dans une terrible misère. Misère qui sera, à la suite du refus d'application par les marchands du tarif en vigueur, à l'origine des Révoltes de 1831 et 1834. Ce chant repris par Yves MONTAND, est devenu un chant de lutte au même titre que "le temps des cerises" ou "bella ciao"

 

En musique: http://www.youtube.com/watch?v=HjNuE28K10M

 

Pour chanter "Veni Creator"

Il faut avoir chasuble d'or.

Pour chanter "Veni Creator"

Il faut avoir chasuble d'or.  

Nous en tissons Pour vous, gens de l'église,

Mais nous pauvres canuts, N'avons point de chemises.

C'est nous les Canuts

Nous allons tout nus.

Pour gouverner, il faut avoir

Manteau et ruban en sautoir.

Pour gouverner, il faut avoir

Manteau et ruban en sautoir.

Nous en tissons Pour vous, grands de la terre,

Mais nous pauvres canuts, Sans draps on nous enterre.

C'est nous les Canuts

Nous allons tout nus.

Mais notre règne arrivera

Quand votre règne finira.

Mais notre règne arrivera

Quand votre règne finira.

Nous tisserons Le linceul du vieux monde,

Car on entend déjà la révolte qui gronde.

C'est nous les Canuts

Nous n'irons plus nus.

12:34

10/07/2013

Chant funèbre des assiégés Lyonnais

Peuple Français, viens le connaître,

En vain tu cherchas le bonheur;

Comment l'aurais-tu vu paraître,

En ne consultant que l'erreur?

Puisse une triste expérience

T'inspirer de plus sages voeux!

Sous l'étendard de la licence,

Jamais peuple fût-il heureux?

Ceux qui voulurent te conduire

Ne méritaient que ton refus;

Ils inventent pour te séduire

De vains systèmes de vertus.

La haine de la tyrannie,

Un fantôme d'égalité,

Et du zêle l'hypocrisie

Annonce ta félicité.

Dupe de trompeuses caresses,

Français, tu crus à des serments!

A quoi ressemblaient leurs promesses!

A la légereté des vents.

Déguisant à tes yeux la trame

Des plus ambitieux projets,

Ils ne t'ont dévoilé leur âme,

Que dans les noeuds de leurs filets.

Tes jours au sein de l'abondance,

Devaient couler purs et sereins,

Et l'heureux séjour de la France,

En foule appelait ses voisins.

Sur ses chants innondés de crimes,

Règne l'épouvante et le deuil;

Et le nombre de ses victimes,

La change en un vaste cercueil.

Dans une balance équitable;

De tous on pèsera les droits;

Sur la tête du seul coupable

Tombera le glaive des lois:

Pourquoi leur silence à l'envie

Abandonnent-t-ils l'innocent?

Pourquoi la noire calomnie

S'abreuve-t-elle de son sang?

Notre moderne aréopage

Paraissait respecter l'autel,

Et la liberté de l'hommage

Que nous offrons à l'éternel.

C'est le voeu de la tolérance;

Et des lois le pretexte faux

Livrait l'honneur, la conscience

Aux fureurs de mille bourreaux.

Aux malheureux la bienfaisance

Avait promis ses tendres soins,

Et de la souffrante indigence

Voulait soulager les besoins.

Jette une regard sur ta patrie;

De ses enfants le triste sort

Les force de porter envie

A ceux dont ils pleurent la mort. 

Ne pouvant avec la sagesse

Conscillier la piéter,

Tes chefs la traitaient de faiblesse

Et de sotte crédulité.

De leur doctrine extravagante

Devait-on craindre le poison?

Le front d'une femme impudente.

Servant d'emblême à leur raison.

Mais quel pouvoir n'a pas l'exemple?

La foule aveugle des mortels

A la raison élève un temple,

S'empresse autour des ses autels;

Ose consacrer la mémoire

Des plus monstrueux attentats,

Pare des lauriers de la gloire

Le front des plus vils scélérats.

Observe toutes leurs maximes

Y verras-tu d'autres secrets

Que l'art de revêtir leurs crimes

De l'autorité d'un décret!

Des lois, le meutre, le pillage,

ont obtenu la sanction;

Les lois ont consacré l'usage

De la dénonciation.

N ont ils pas avec assurance

Offert à la propriété

Pour gage de sa confiance

Leur infaillible loyauté?

 Jamais la fraude et l imposture

 Tu te gardais de le prévoir

Eurent elles d autre mesure

Que les bornes de leur pouvoir

Ils t'enseignent qu à l aventure

Dans un labyrinthe d erreurs

Sans guide l humaine nature

Languissait sans lois et sans mœurs

Et commandent que ton courage

Ne soit plus que férocité

La liberté qu un esclavage

Et la raison qu absurdité

Le vrai fait place à Fartifice

D après un nouveau règlement

Et même la vertu le vice

Entr'eux ont changé d élément

L'féquité n est plus ton arbitre

Et la plus dure oppression

N est a la résistance un titre

Qu au gré de leur opinion

Ages fufurs pouriez vous croire

A cet excès de cruauté

Si les traits sanglans de l histoire

N en attestaient la vérité

Les pleurs qu'arrache a la nature

Le meurtre de tant d innocens

Blessent les yeux sont une injure

Aux lois de nos affreux tyrans

Peuple sur ton sort déplorable

 N'ouvriras tu jamais les yeux?

 Seras tu toujours plus coupable

En devenant plus malheureux?

Ah! c est par d horribles offenses

 Qu'on s'attire un grand châtiment 

Je vois les célestes venveances

Jusque dans ton aveuglement.

Infidèle au Dieu de tes pères

Lâche déserteur de ta foi

Par le mépris de ses mystères

Tu crois anéantir sa loi

Ses arrêts ne sont point un songe

Dont se dissipe la vapeur

Tremble ils ne sont point un mensonge

Ces remords qu'étouffe ton cœur!

 Par combien de marques sensibles

 Ton Dieu de sa gloire jaloux

 Par combien de fléaux terribles

 A-t-il signalé son courroux

 De l'homme, dis tu, c'est l injure;

 Mais par un secret jugement ,

L'homme des maux que l'homme endure,

 N'est lui même que l instrument

Aveugle, à la première cause

Ne remonteras tu jamais?

Ne sauras tu voir autre chose

Dans tes malheurs que ses forfaits?

Cette fortune qui t'échappe,

Un Dieu vengeur te la ravit;

Ce fer assassin qui te frappe,

Son bras tout puissant le conduit.

Le terme heureux de tes misères,

Au sein de l'éternelle paix,

De tes amis et de tes frères

Forme les uniques souhaits.

Ils t'invitent à la clémence

Et tu crois soulager tes maux,

Quand tu souilles par la vengeance

Les pleurs versés sur leurs tombeaux!

Si tu veux fléchir la colère

 D'un maître aussi juste que bon ,

Songe qu'un repentir sincère

Peut seul assurer ton pardon.

De sa main reçois sans murmure

Un châtiment trop mérité

Et reconnais par sa mesure

Combien ton juge est irrité

Cède à la crainte salutaire

De son redoutable pouvoir

Et pèse au poids du sanctuaire

Ses lois tes crimes ton devoir

De l'orgueil il punit l'audace

Confond les ruses de l 'erreur

Et ne communique sa grâce

Qu'à la simplicité du cœur

Ne consulte plus ces oracles

Dont les promesses t'ont séduit

Ils t'annoncèrent des miracles

Et dans l abîme ils t'ont conduit

Peux tu de l'humaine sagesse

Attendre encore quelque bien?

 Ce n'est qu en Dieu que ta faiblesse

Peut trouver un ferme soutien

Résiste à ces amis perfides

Dont le téméraire conseil

Va par des fureurs homicides

Vouer au crime ton reveil

Dieu t'a-t-il remis la balance

Qui doit juger tous les humains?

Et pour exercer sa vengeance

A-t-il mis la foudre en tes mains?

Si c'est peu d étouffer la plainte

D'oublier les maux qu on t'a faits

Si pour l 'entremise loi sainte

Réclame encore tes bienfaits

Apaiserais tu sa justice

Avec de nouveaux attentats?

 Sans un généreux sacrifice

Pourrais tu désarmer son bras?

De ta profonde léthargie

Peuple Français réveille toi

La fin des maux de ta patrie

Attend ton retour à la foi.

Que son divin flambeau t'éclaire!

Que ses lois soumettent ton coeur!

Change de moeurs, de caractère,

Tu retrouveras le bonheur.  

 Une victime du siège

 

10:00

07/07/2013

A l'époque révolutionnaire

Bien des chants existent à  Lyon avant le siège de la Ville par les troupes de la Convention. Nous en citerons certains dans notre série. Commencons par une petite chanson, d'une importance cruciale puisqu'elle traite du renversement de la municipalité jacobine, tenue de main de fer par Challier et ses troupes, le 29 mai 1973. Renversement qui achevera toutes discussions entre Lyon et la Convention et restera comme l'élément déclencheur du siège de Lyon.

 

Honneur à nos braves guerriers,

qui, d'une main hardie,

Ont su moissonner des lauriers

Sur l'horrible anarchie.

Salut à nos jeunes Lyonnais;

Qui les permiers, plein d'énergie,

Ont su moissoner des lauriers

Sur l'horrible anarchie.

Vos noms sont à jamais

Cosnacrés dans l'histoire;

Vous avez des brigands,

Purgé la fôret noire.

Digne bataillon de Brutus,

Ah! tu fus leur victime;

Croynt tous soupçons superflus.

Lors prévoyais-tu ce crime?

Un lion est parfois clément;

Mais un méchant

Le rend terrible et rugissant.

Honneur à nos braves guerriers,

qui, d'une main hardie,

Ont su moissonner des lauriers

Sur l'horrible anarchie.

 

18:07

Chanter

Il est un de ces arts que l'on néglige bien trop souvent, que l'on remise au fond d'un placard, sous pretexte de timidité, de honte, ou encore de peur de passer pour un idiot. L'art de Chanter. Pourtant le chant, qu'il soit guerrier, à boire, d'amourette est un formidable outil au service d'une communauté. Une communauté qui par le chant se transmet des savoirs, des histoires de génération, une communauté qui par le chant s'unie simplement.

 

Bien souvent réduits à la reprise plus ou moins bonne des répertoires étrangers (majoritairement anglo-saxons), le chant se retrouve comme amputé du reste de son âme, du reste de son patrimoine. Chacun de nous frémi en écoutant les chants Corses, Basques, Bretons. Mais combien de Lyonnais connaissent aujourd'hui, ne serait ce qu'un chant traditionnel Lyonnais.

 

Pourtant le répertoire est vaste et mérite que l'on s'y arrête. C'est ce que nous allons vous proposer au travers différentes chansons de plusieurs époque, qui ont toutes en commun, de refléter de prêt l'Histoire de notre Cité.

17:44

26/03/2013

l'horloge astronomique de saint jean détruite

  Hier, nous apprenions que la primatiale saint Jean Baptiste fut le théâtre d’une scène révoltante. En effet, un homme d’origine iranienne a frappé à plusieurs reprises et avec l'aide d'une barre de fer l'horloge astronomique de la cathédrale, endommageant ainsi grièvement cette dernière.

 Cette horloge a été conçu en 1393 puis totalement rénovée en  1598 par le Suisse Nicolas LIPPIUS enfin, la restauration de 1661 par le lyonnais Guillaume NOURRISSON, lui donna son aspect baroque.

 Ainsi,c’est la plus ancienne horloge astronomique de France, qui a été samedi la cible de la folie d'un seul homme. Aujourd'hui l'indignation fait place à la colère:  les lyonnais veulent une condamnation exemplaire ainsi qu'une véritable remise en question quant à la protection du patrimoine historique de leur ville.

13:01